Quinze fermes à Mons-en-Barœul


Mons-en-Barœul fut longtemps la campagne pour les Lillois. Avant de connaître l’urbanisation intense à partir des années 60 on pouvait se promener dans les champs des nombreuses fermes ou dans la plaine du fort de Mons.

Avec la construction du quartier des Sarts puis de la Zup disparaîtront à jamais les 18 fermes suivantes :

- Barbry, rue Faidherbe à proximité de la chapelle Sainte Thérèse
- Boët, à la limite de Marcq-en-Barœul
- Boute, située au niveau des rues Montesquieu et Parmentier
- Cousin, connue aussi sous le nom de ferme du Sac à dos dans le quartier de l'An 40
- Delerue, derrière l'école La Paix, le magasin Lidl occupe les anciennes pâtures
- D’Halluin, des restes de la dernière ferme monsoise étaient encore visibles, en 2015, à côté du collège Lacordaire rue Emile Zola, mais condamnés pour un programme immobilier
- Dupuis
- Grimonpont, rue du Général de Gaulle, à côté de l’ancien « Chantier naval », magasin Vif actuellement. Proche des Charmilles
- Hildevert, maraîcher rue Franklin
- Huchette ou d’En Haut, proche du Fort
- Lefebvre, à la Guinguette
- Pilateriedit Tiers
- Plouvieraux Rouges-Barres dans le quartier de la Pilaterie
- Pottier, rue Parmentier
- Rousselle
- Salembier, dans le quartier du Tape Autour
- Tahon, au bout de la rue Franklin
- Tellier.

Certaines exploitations étaient à cheval sur des communes limitrophes

Il faut ajouter les activités apparentées

- Cousin, marchand de bestiaux rue du Quesnelet
- Castille, un des deux maréchaux-ferrants, rue Mirabeau

Les documents photographiques des anciennes fermes monsoises et des activités apparentées étant assez rares, nous sommes heureux d'avoir pu, au fil du temps, les collecter. Et surtout de pouvoir vous présenter ces témoignages d'un passé, comme ces scènes de moissons, somme toute assez proche, mais surprenant pour plus d'un monsois actuel.




Quel paysage étonnant que l’ensemble de ces champs. Ci-dessus, la vue est prise du fort de Mons dans les années 50. On a peine à imaginer un tel espace tant l’urbanisation a modifié cet endroit en moins d’un demi siècle. Dans cette plaine furent découvertes en 1978 des traces de campements gaulois.



Par Mons et par veaux


C'est le titre d'un DVD de 45 minutes avec des diaporamas et des bonus qui a été réalisé à partir d'entretiens filmés et d'archives.



Faites les moissons avec le frère Pascal, écoutez le son cristallin de l'enclume du forgeron au petit matin, et imaginez le canard Gédéon suivant le jars. Respirez l'air pur.
Jouez au football avec Alphonse Gayet, maire de Mons, dans une pâture non nettoyée ! Anecdotes, humour et nostalgie pour évoquer le temps du bon air monsois. Un hommage émouvant aux cultivateurs obligés d'abandonner de bonnes terres, face à l'urbanisation croissante.

"Sans mémoire nous n'aurions pas de passé.
Sans passé nous n'aurions pas d'avenir.
Souvenons-nous-en !"

Ce DVD est disponible auprès du réalisateur de ce film





Taureau


Images de moissons


La moissonneuse-lieuse des Barbry vers 1946. Sur les 287 hectares de la superficie communale, 80 étaient encore cultivés jusqu'en 1965, date de l'expropriation de la plupart des derniers fermiers monsois pour la construction de la Zup.

Image de moissons à Mons-en-Barœul avec le frère franciscain Pascal.



Ci-dessus et ci-dessous, la pause casse-croûte pendant la moisson. A droite, Jean Barbry en compagnie de son aide et ami Jean Weyland. Deux superbes chevaux les aident dans leur tâche quotidienne. L'un deux, traditionnellement, a pour nom Robert. Nous sommes dans les années 40, la motorisation n'a pas encore envahi l'agriculture. Il est d'ailleurs surprenant de ne pas avoir de vues de tracteurs effectuant des travaux champêtres à Mons-en-Barœul.





Scène de moissons, en 1946, avec un superbe attelage de trois chevaux. Au fond à gauche, le bâtiment clair au toit en pente légère n'est autre que la villa appelée "château", de la Solitude.

Durant la première guerre mondiale les militaires allemands s'occupaient des moissons. On les voit ici à l'œuvre à l'emplacement de ce qui deviendra la nouvelle poste de Mons-en-Barœul, lors de la création de la Zup ! Au loin, la rue Parmentier et le clocher de l'église Saint Pierre.



Vache de concours




Cette vache de race hollandaise avait été présentée à Paris, au concours agricole par Ad. Cousin, où elle avait obtenue un prix d'honneur. Cousin était un marchand de bestiaux qui demeurait rue du Quesnelet, il subsiste un angle de son ancien bâtiment. Sur le cadastre de 1905, c'est quasiment la seule construction de cette rue, face au sentier qui menait au Fort de Mons à travers champs ...


La dernière ferme monsoise disparait

Souci de modernisme ! Voilà le rare et dernier morceau du patrimoine monsois qui disparait. Alors que sa voisine Villeneuve d'Ascq a réussi intelligemment à conserver ses fermes, en les transformant en lieu de convivialité, Mons continue de grignoter le peu qu'il restait de ses anciennes fermes. Après la destruction du petit fort et de la briqueterie attenante, pour un programme immobilier, qui a d'ailleurs du mal à trouver acquéreur, c'est une nouvelle destruction programmée pour le bénéfice d'un autre promoteur immobilier.



Ci-dessous, Henriette d'Halluin, dans la cour pavée de la ferme rue Emile Zola, tient l'étui de l'appareil photographique qui immortalise cette scène. On découvre dans l'encadrement de la porte les champs à perte de vue.
Quel beau regard interrogatif, devines-t-elle la suite ?



Ci-dessous, un article publié dans La Voix du Nord, écrit par Alain Cadet.

Mons-en-Barœul : Il était une fois la ferme d’Halluin, la dernière bâtisse agricole de la commune (1/2)

Jadis, Mons-en-Barœul était une bourgade rurale qui possédait pas moins de quinze fermes. Les programmes successifs d’urbanisation de la commune nouvelle ont conduit à leur disparition.
Aujourd’hui, sur le territoire de la commune, il ne reste plus que les dépendances de la ferme d’Halluin, près du collège Lacordaire (ancien couvent des Franciscains). Dans quelques mois, elles seront remplacées par un programme immobilier (lire notre prochaine édition)
C’est à peine si quelques voisins se souviennent encore de cette époque de la ferme d’Halluin. André Caudron, qui habite de l’autre côté de la rue, venait « pour acheter le lait » tandis que sur le côté de la ferme « un magasin proposait de délicieux légumes cultivés sur place». « C’était une toute petite ferme », précise Michel Pollet, artisan à la retraite. « Il y avait, au plus, deux chevaux. On y entrait par une grande cour. Monsieur et Madame D’Halluin étaient des gens très gentils et très serviables. Ils avaient des enfants, garçons et filles… assez jeunes, dans l’ensemble. »
Aujourd’hui, Henriette, la fille aînée, a 84 ans. Elle garde un souvenir ému de la ferme d’Henri et de Marie-Louise, ses parents : « Nous étions sept enfants. Ce n’était pas une grande exploitation. Mes parents ont travaillé très dur pour nous nourrir. Ils ont su nous donner beaucoup d’amour. Finalement, tous ensemble, nous étions très heureux. Nous aidions aux travaux de la ferme. Je trayais les vaches et les gens attendaient pour remplir leur pot de lait au fur et à mesure. »
La ferme d’Halluin était adossée au couvent des Franciscains. « Quand j’étais toute petite, j’accompagnais mon père qui fauchait la grande pâture des Frères, à l’arrière du monastère», confie Henriette. « J’étais la seule fille autorisée à y pénétrer. La chapelle, donnait pratiquement dans la cour de la ferme. Le matin, j’aimais m’y arrêter pour écouter les chants des cérémonies. Les Frères franciscains chantaient merveilleusement bien. C’était un vrai bonheur. Le dimanche nous allions à la messe, tous ensemble dans la chapelle voisine. »
La ferme Delerue existe toujours
En 1973, pour élargir la rue Émile-Zola, on démolit l’essentiel du corps de ferme. « Que voulez-vous, la roue tourne », philosophe Henriette. Ces derniers vestiges disparus, peut-on dire que toutes les fermes monsoises ont totalement disparu ? Presque ! L’une d’entre elles, la ferme Delerue, aux confins de la commune, a été détruite par un incendie au début du siècle dernier. L’usage de cette époque était de reconstruire les bâtiments sur une parcelle différente pour « conjurer le mauvais sort. ». Ainsi cette ferme fut-elle reconstruite, juste à côté de la précédente, sur une parcelle qui appartenait au territoire de la ville d’Hellemmes. C’est ainsi que ce bâtiment agricole a échappé aux programmes d’urbanisation et à la démolition.
Il est toujours bien visible, rue Voltaire. Il a été découpé en treize appartements.
Demain, suite et fin avec le Carré Saint-Martin, le dernier né des programmes immobiliers du Vieux-Mons.




Ci-dessus, sur le site de la mairie de Mons, on découvre ce programme présenté lors d'une réunion qui n'a guère eu de succès. Mais qui était au courant, à part quelques  rares monsois, comme à chaque fois ? Bien sûr le ciel est bleu ... et la vie est certainement rose !!

Quelques vues pour se souvenir d'un Mons disparu à jamais.




Dans la cour pavée de la ferme d'Halluin rue Emile Zola vers 1946, ce sont 3 générations qui posent sur cette photo. Les parents en haut à droite, à côté d'Henriette la fille aînée. Mme d'Halluin tient dans ses bras la dernière génération Jocelyne, fille d'Henriette En bas de gauche à droite : Bernard, Eliane, Jean-Pierre et Henri et les 2 chiens. Les habitants du quartier se souviennent d'aller chercher le lait dans cette ferme ...


Sur cette vue le frère franciscain Pascal, dont la maison mère est située à proximité, fait les moissons à Mons-en-Barœul. Monsieur Gabriel Gronier, âgé de 95 ans, racontait quelques semaines avant la décision de démolir cette ferme, qu'il voyait ces champs de blés de l'arrière de sa maison située 5 rue Alexandre Delemar. Il vient de rejoindre une maison de retraite à Perenchies, il n'aura heureusement pas vu ce dernier changement.

Les écoles de Mons-en-Barœul n'auront plus l'occasion de découvrir, lors d'une classe verte, la ferme d'Halluin comme pouvait le faire l'instituteur Louis Cnudde avec ses élèves. C'est bien plus qu'une page ... qui est tournée.


Fermes Huchette, Boute et Barbry



Ce décor champêtre permet de reconnaître trois exploitations fermières. Au fond à gauche, la ferme Huchette. À droite, le quartier de la Goulette, avec les bâtiments de la cense Barbry. Au premier plan, la grange de Monsieur Boute, qui cache en partie les maisons de l’impasse des Bas-Jardins. Sur cet espace sera édifiée la ville nouvelle.


La ferme D'Halluin




La ferme Cousin dite du Sac-au Dos



Retour de moissons à la ferme Cousin au Sac au Dos le 20 juin 1942. Une date importante car, pour la première fois, ces fermiers utilisaient une plateforme munie de pneus. D'autant plus étonnant que cet évènement se situe en pleine 2ème guerre mondiale.


Albert et Juliette Cousin, avec leur fils Henri, devant la ferme du Sac au Dos. Cette exploitation a été démolie en 1965.


Henri Cousin, après l'expropriation, partit s'établir à Rosult, dans la région de Valenciennes, avec son vieux père devenu veuf. Actuellement la tradition familiale est maintenue par leurs descendants Michel, puis Pierre-Henri.


Dans la cour de la ferme du Sac au Dos, les deux sœurs Elise et Madeleine, vers la fin de la guerre. Elles aidaient à la traite des vaches à heure fixe, puis à la vent du lait, avec leur mère en fin de journée. Plusieurs fois par semaine elles servaient aussi le lait battu, très prisé dans la région.

La photo ci-dessous a été prise dans le jardin de la ferme du Sac-au-Dos.



Devant la grande salle de la ferme du Sac-au Dos.



La famille Hirsch devant le fournil de la ferme du Sac-au-Dos.

La ferme Salembier

Les deux chevaux ci-dessus entrent dans la ferme Salembier qui était située au Tape Autour, lieu occupé actuellement par les établissements Euromaster. Depuis les voitures ont remplacé cette charrette.





Le fermier Salembier effectue des moissons en 1930. Pour les attelages, il y avait deux maréchaux-ferrants installés dans la commune, le dernier d’entre eux fut Jules Castille.

La ferme Pottier

Ci-dessus une vue de la ferme Pottier en arrivant par la rue Parmentier, avec une plaque publicitaire Michelin sur le pignon qui annonce un virage dangereux. La voiture que l’on découvre au fond s’engage dans la rue Mirabeau (ancienne rue Neuve). 

Andrée Castille, fille de Jules, le maréchal-ferrant qui exerçait au 16 bis de cette rue Mirabeau, a bien connu cette ferme. Elle nous racontait l’anecdote suivante : « Lorsqu’on tuait la vache celle-ci pendait au milieu du porche de la ferme et en descendant la rue Mirabeau on tombait directement dessus ! ». La ferme a été détruite en 1954 pour l’aménagement du carrefour, le début de la création du lotissement des Sarts et du cabinet du Docteur Outurquin.



Ces deux photos sont issues d'un dossier de l'architecte Henri Chomette lors des études préliminaires à la réalisation du quartier des Sarts. La ferme Pottier est indiquée par une flèche rouge. Les deux vues sont prises de la rue Emile Zola vers la rue Parmentier. Le carrefour est celui avec la rue Mirabeau (sur la gauche).

La destruction de la ferme Pottier


Nous avons retrouvé une photo datée du 27 mai 1954 qui montre la ferme Pottier en cours de destruction (ci-dessous). Il va sans dire que ce fut un déchirement pour les fermiers obligés de quitter leurs terres. Plus tard d’autres opérations d’urbanisme et surtout la construction de la ZUP seront à l’origine de la destruction de beaucoup d’autres fermes.


Un jardin public et un carrefour… à la place de la ferme Pottier



Le carrefour des rues Mirabeau et Emile Zola sur cette carte postale de 1962 avec le jardin public qui a remplacé la ferme Pottier, le bâtiment dans le fond c’est l’école Guynemer construite par l’architecte Neveu avec comme coordonnateur Jehan Boyer. Le cabinet d’architecture Boyer était installé à l’angle des rues Mirabeau et du Général de Gaulle, dans la résidence construite à la place du château Coisne des époux Daubresse-Mauviez.